Gastronomie, amour et mal de vivre da teba yo !

En ces heures troubles, les chroniques de nouveautés en retard s’amoncèlent sur notre bureau à la vitesse où coule le mauvais vin les soirs de beaujolais. Funeste nouvelle pour notre quantité de travail mais bon signe pour vous chers lecteurs. Cela signifie simplement qu’il y a nombre de bonnes choses a se mettre sous la dent ces derniers temps, ce qui finalement n’est pas pour nous déplaire à nous non plus.
Le manga, exemple moderne et quotidien de la multiplicité de l’existence…


Les Gouttes de Dieu :
Yutaka Kanzaki, œnologue à la renommée internationale, vient de décéder.
Le monde du vin en émoi a désormais les yeux rivés sur son inestimable collection de bouteilles et s’interroge quant à son devenir.
Shizuku Kanzaki en est le seul héritier mais se désintéresse d’une fortune en vins.
Cependant, il apprend que son père, juste avant sa mort, a adopté un jeune œnologue et les met en compétition pour savoir lequel des deux sera bénéficiaire de la collection : Une découverte à l’aveugle, parmi douze bouteilles, de l’élixir suprême.
Malgré son désintérêt pour le vin, sentant son honneur bafoué et se refusant à laisser le patrimoine de son père aux mains d’un opportuniste, Shizuku décide de découvrir quelles sont réellement les gouttes de Dieu…

Déroutant par le thème qu’il aborde, les Gouttes de Dieu n’en reste pas moins une lecture très agréable dont l’intrigue est prétexte à une véritable leçon d’œnologie notamment grâce à sa richesse en note de bas de page et d’explications en fin de volume. Plus facile d’accès que Sommelier de Arakaji Joh chez le même éditeur, ce titre ravira autant l’amateur que le profane.

Tadashi Agi & Shu Okimoto, Les Gouttes de Dieu, Glénat, 8.99 €
Par Isma.


Le Restaurant du Bonheur :
Kosuke est un jeune chef qui ne vit que pour la grande gastronomie française. Yuko, sa belle-mère, dirige le Doll House, le restaurant familial. Elle est adepte d’une cuisine plus populaire mais qui semble avoir un effet tout particulier sur ceux qui la goutent.
Kosuke a le sentiment qu’elle dénature l’héritage de son défunt père : de grandes recettes “à la française” et veut la faire changer d’avis. Pour cela il va tenter de lui prouver, en prenant la clientèle comme juge, que sa façon de faire est la meilleure…

Peu enthousiasmant à priori, Le Restaurant du Bonheur s’est révélé être LE coup de cœur de ces dernières semaines !
La lecture de ce premier volume est envoutante de simplicité et d’efficacité. Le scénario presque secondaire est prétexte à une débauche de plats et de recettes qui enivrent, dont on ressent jusqu’à la texture à travers un dessin redoutable de précision.
Le personnage principal graphiquement insipide n’a pourtant rien pour plaire, mais quel délice de le voir se confronter aux autres protagonistes de ce récit, plus réussis les uns - peut être devrais-je dire les unes - que les autres, dans des situations qui l’amèneront à évoluer dans la conception de son art.
Et petite cerise sur le gâteau, ça donne faim !!

Nakanishi Yasuhiro, Le Restaurant du Bonheur, Doki-Doki, 6.95€
Série terminée en 5 volumes.
Par Isma.


Comme Elles :
Kanori et Kazumi sont inséparables depuis le lycée. Lors d’une soirée, elles rencontrent respectivement Kôta et Ena, deux charmants jeunes hommes dont elles tombent amoureuses.
Mais même au sein d’une amitié solide, l’amour peut faire des ravages…

Amour, amitié, trahison et rivalité… Mélangez le tout et vous obtenez Comme Elles, le nouveau shojô très attendu des éditions Delcourt. Au final, une lecture et un graphisme agréables pour un premier volume fort sympathique.

Sakura Fujisue, Comme Elles, Delcourt, 5.95 €
Par Valentine.


Nonamour :
Le quotidien est souvent assimilé à une sorte de routine, de recommencement, plus simplement à l’ennui qui fait que l’on perd peu à peu le goût de la vie. Mais à mieux y regarder l’imprévu ne conviendrait-il pas mieux ?
Santa, un jeune étudiant en classe d’art va en expérimenter les turbulences.
Du jour au lendemain il se retrouve sans logement et sans petite amie. Junko, une de ses camarade de promotion va lui proposer de le dépanner en l’invitant quelque temps chez elle et son frère. Santa va alors découvrir l’étrange relation qui les unit…

On connaissait déjà Kyoko Okazaki pour ses récits au ton cynique, amer, parfois glauque mais toujours d’une incroyable pertinence et d’une précision effrayante lorsqu’elle dépeint ses contemporains. Nonamour s’inscrit dans la lignée de ses précédentes œuvres parues dans le label Sakka des éditions Casterman. Cependant, l’auteur loin de tourner en rond arrive toujours à nous surprendre et à nous émouvoir.

Kyoko Okazaki, Nonamour, Sakka, 11.95 €
By moi ^^!


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